De façon générale, je suis opposé à la féminisation des noms de profession : je préfère dire que mon chef de département est un professeur compétent, plutôt que de dire que ma cheffesse de département est une professeure compétente, car sa compétence n’a, après tout, rien à voir avec ses chromosomes X ou Y. C’est une position que je revendique, à contrario de pas mal de gens (ministre, professeurs, auteurs). J’ai même parfois vu des tentatives de docteure ou d’inspecteure, alors qu’on a depuis fort longtemps des doctoresses et des inspectrices, comme quoi des fois ça confine au ridicule (mais un jour, je parlerais des militant-e-s de l’égalité des sexes, ou des militantEs, ou des militant(e)s, ou des militant/e/s, enfin bon, les militant·e·s, quoi).
Récemment, je remplissais un sondage de l’INED ayant trait à mon métier (et l’usage du français dans l’exercice d’icelui). Ayant presque fini de m’acquitter de ma tâche, je regarde le dernier panneau de questions et y trouve :
Professeure des écoles ? Mon sang ne fait qu’un tour. Ils ont féminisé les choix (ce qui est raisonnable, après tout, c’était une question sur ma mère). Mais le pire, c’est plus haut (quatre lignes plus haut pour être précis). « Professeur, profession scientifique ». Preuve est faite que l’on ne peut pas être professeure des universités, mais qu’on peut être professeure des écoles (un cran en-dessous dans la hiérarchie, quand même).
Des fois, on ferait mieux de ne pas prendre d’initiative avec la langue française, elle finit par se venger.
