En effet, nous avions déjà à côté de nous un marchand de musique qui faisait la promotion de deux concerts qui avaient eu lieu dans le cadre de Japan Expo. Le premier était celui de Distraught Overlord (souvent écrit DIO, mais il ne faut pas le confondre avec le groupe de heavy metal des années 80). C’est un groupe classé comme « visual kei », appartenant à la plus grande famille de la J-Pop (variétés japonaises) croisé avec un peu de tendance gothique. Il y a quelques années, c’était du Visual Rock, mais bon, tout change.

La deuxième était Nana Kitade, une chanteuse pur J-Pop qui avait un gros succès aussi, à voir les attroupements devant le petit stand qui était juste à côté du nôtre.


Si je vous parle de ces artistes, c’est que ça représente un peu les personnes que nous avons vu sur le stand. Qui voulait sa robe à froufrous, qui son jupon à mettre en dessous. Les filles (car c’était une clientèle presque exclusivement féminine), cherchaient souvent l’approbation du petit ami ou de la mère. Certaines portaient déjà des diadèmes, des tours de cous, des serre-têtes oreilles de chat. Les vêtements n’étaient pas tous très décolletés (le concept de « lolita goth » n’est pas forcément sexuel, même si une fille un peu grande dans des habits trop petits, et bien, comment dire... ça déborde souvent amplement). C’est difficile de dire beaucoup de choses sans l’avoir vu — il y en a qui portent ça très bien et d’autres pour qui ça donne des résultats moins bons. Mais je retiendrais surtout que (et en particulier pour les plus jeunes) cette mode ressemble finalement à un avatar moderne de la robe de princesse — j’aime beaucoup. Et à voir les sourires de toutes les acheteuses (et les déceptions de celles qui ne sont pas reparties avec, parce que, pour une raison ou une autre, ça n’allait pas), on récolte beaucoup de bonheur à redistribuer autour de soi !
La meilleure vente de la journée a été, selon moi, le modèle « Robe Lolita Gothic lacet rouge V2 ». Jetez un coup d’œil pour comprendre de quoi je parle !
À noter qu’il n’y avait pas de miroir dans la cabine d’essayage. Heureusement, la multiplication des appareils photographiques numériques (avec écran intégré) permet de pallier le problème de façon élégante quand il n’y a pas d’amies sous la main. Il y a vingt ans, on aurait fait un Polaroïd, mais ça coutait cher, le Polaroïd, alors qu’une photo numérique...
